Douala : le SYNAJIC sonne l’alarme face à la désinformation et appelle les journalistes à un sursaut éthique

Le 17 février 2026, à Douala, le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Cameroun (SYNAJIC) a rassemblé une cinquantaine de professionnels des médias autour d’un thème aussi crucial qu’actuel :
« Le journaliste camerounais à l’épreuve de la désinformation : entre mission citoyenne et responsabilité éthique et déontologique ».

Plus qu’une simple rencontre, cet échange s’est imposé comme un appel solennel à la conscience professionnelle dans un contexte national fragilisé par les tensions sociopolitiques, les mutations économiques et la montée fulgurante des médias numériques.

Désinformation : un danger pour la démocratie

À l’ère du numérique, l’information circule à une vitesse vertigineuse. Mais cette rapidité a un revers : la propagation massive des fausses nouvelles, des rumeurs et des contenus manipulés.

Dans un pays comme le Cameroun, où les débats publics sont parfois exacerbés, la désinformation ne menace pas seulement la crédibilité des médias, elle met en péril la cohésion sociale, la stabilité institutionnelle et la confiance des citoyens.

Face à cette réalité, le SYNAJIC a rappelé une vérité essentielle :
le journaliste n’est pas un simple transmetteur de faits, mais un acteur stratégique de l’éducation civique et de la consolidation démocratique.

Un rappel ferme aux fondamentaux du métier

Sous la coordination de Alex KOKO A DANG, Président National du SYNAJIC, et après son propos où il a été ferme contre ceux des confrères qui persistent et excellent dans ce chemin de désinformation, qu’ils ne recevrons pas le soutien du Syndicat en cas du revers de leurs actions. Les échanges ont mis en lumière les dérives qui fragilisent la profession : pressions politiques, intérêts économiques, quête de visibilité à tout prix et tentation du sensationnalisme.

Le message a été clair :

  • Informer avec rigueur
  • Vérifier avant de publier
  • Refuser la manipulation
  • Placer l’intérêt général au-dessus des intérêts personnels

Dans un environnement saturé d’informations, l’intégrité devient la première ligne de défense contre le chaos informationnel.

Des voix fortes pour réveiller les consciences

Deux communications majeures ont structuré les travaux :

Les missions citoyennes du journaliste, présentées par Georges MESSOUANE, qui a rappelé que la presse demeure un pilier incontournable de la démocratie et un instrument de régulation sociale.

La responsabilité éthique et déontologique, développée par le Dr Jean Marie TCHATCHOUANG, enseignant à l’Université de Douala, qui a insisté sur la formation continue et la discipline professionnelle comme remparts contre les dérives.

À travers un panel interactif, journalistes de la presse écrite, audiovisuelle et numérique, directeurs de publication, blogueurs et web activistes ont confronté leurs expériences et partagé des recommandations concrètes.

Une mobilisation porteuse d’espoir
Au terme des échanges, plusieurs avancées notables ont été enregistrées :

Une meilleure compréhension de l’impératif citoyen ;

Un engagement renouvelé pour une couverture médiatique équilibrée et responsable ;

La volonté de renforcer la collaboration entre le SYNAJIC et les organes de presse ;

La consolidation d’un réseau professionnel engagé autour des valeurs républicaines.

La crédibilité comme héritage

Dans un monde où tout se publie, mais où tout n’est pas vérifié, la crédibilité devient la richesse la plus précieuse du journaliste.

En plaçant l’éthique, la déontologie et la mission citoyenne au centre du débat, le SYNAJIC ne s’est pas contenté d’organiser une rencontre : il a lancé un appel au sursaut collectif.

Car au-delà des mots, une évidence s’impose :
l’avenir de la démocratie camerounaise dépend aussi de la qualité de son information.

Pélagie Mabamb

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