Afrique–Russie : de la mémoire à la puissance

JECAAR 2026 ouvre une nouvelle ère de coopération

À Douala, le 30 avril 2026 n’a pas été une simple date sur le calendrier. C’est un signal fort qui a été lancé : celui d’un repositionnement stratégique de l’Afrique dans ses relations avec la Russie. Dans l’enceinte de la Chambre de commerce, l’Association Panafricaine pour l’Excellence dans l’Éducation, le Développement et l’Amitié entre les Peuples (AP2EDA-APH) a donné le coup d’envoi d’un projet ambitieux : les Journées Économiques et Culturelles de l’Amitié Afrique–Russie (JECAAR’26), attendues du 29 au 31 octobre 2026 en Russie.

Mais derrière l’annonce d’un événement se cache une vision beaucoup plus profonde. Celle de transformer l’histoire en levier de puissance.

Au cœur de cette initiative, une figure emblématique refait surface : le général Abraham Pétrovitch Hanibal. Arraché à l’Afrique au XVIIIe siècle avant de s’élever au sommet de la cour impériale russe, son destin hors du commun dépasse le récit historique. Il devient aujourd’hui un symbole stratégique, un point d’ancrage pour repenser les relations entre deux espaces que tout semble opposer, mais que l’histoire relie intimement.

Pour les initiateurs de JECAAR’26, il ne s’agit plus de commémorer, mais d’agir. Cette mémoire longtemps silencieuse est désormais présentée comme une opportunité. Une opportunité de bâtir des partenariats concrets, de rééquilibrer les relations internationales et de repositionner l’Afrique comme un acteur incontournable.

L’événement s’annonce comme un carrefour inédit. D’un côté, une immersion culturelle forte avec des expressions artistiques africaines et russes, reflet d’identités riches et assumées. De l’autre, une offensive économique structurée : rencontres d’affaires, négociations directes, connexions entre porteurs de projets africains et investisseurs russes. L’objectif est clair : transformer les échanges en résultats tangibles, financements, transferts de technologies, accords stratégiques.

Dans un monde en mutation, où les alliances se redessinent, la Russie apparaît comme un partenaire aux capacités considérables, notamment dans les domaines de l’énergie, des ressources naturelles et de l’agriculture. Pour les organisateurs, il ne s’agit pas de suivre une tendance, mais de créer une dynamique durable et équilibrée.

JECAAR’26 se positionne ainsi comme bien plus qu’un rendez-vous diplomatique ou culturel. C’est une déclaration d’intention. Une volonté affirmée de sortir des schémas traditionnels pour construire une coopération basée sur des intérêts partagés, une histoire assumée et une ambition commune. La présentation de l’événement a été faite par, le président de l’AP2EDA, Pierre Claver Nkodo, qui a tenu à rappeler la profondeur historique des relations entre le Cameroun et la Russie. Il a mis en lumière un héritage souvent méconnu, marqué par des échanges éducatifs et une coopération sans logique de domination. Pourtant, il a également souligné un défi persistant : la difficulté pour de nombreux diplômés formés en Russie de voir leurs compétences pleinement reconnues à leur retour.

l’Afrique ambition ainsi de prendre son destin en main en étant partenaire et actrice de son destin.

JECAAR’26 ne se limite donc pas à un événement ponctuel. Il s’inscrit dans une vision à long terme : celle d’un partenariat Afrique–Russie renouvelé, fondé sur l’humain, l’innovation et la co-création de richesses.

Pelagie Mabamb

One thought on “Afrique–Russie : de la mémoire à la puissance

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *