À Douala, les femmes affûtent leurs armes politiques pour 2026

Dans la salle des fêtes d’Akwa, à Douala, il ne s’agissait pas d’un simple rendez-vous protocolaire. Ce 20 février 2026, le tout premier Café politique des femmes élues et aspirantes politiques a sonné comme un appel à l’action. Objectif : préparer, structurer et amplifier la présence des femmes dans les élections locales de 2026.

Un espace stratégique, pas symbolique
Placée sous le thème « Leadership féminin, engagement politique et enjeux des élections locales de 2026 », la rencontre a réuni élues, aspirantes candidates, responsables associatives et figures partisanes autour d’une même ambition : transformer l’essai.

Loin des discours convenus, les organisatrices ont voulu poser les fondations d’une dynamique durable. Il ne s’agit plus seulement d’encourager la participation des femmes, mais de l’organiser, de la professionnaliser et de la rendre décisive dans les urnes.

Un appui institutionnel affirmé

La présence du maire de la ville, le Dr Roger Mbassa Ndine, a donné un poids particulier à l’événement. Son message est clair : le développement et la stabilité du Cameroun passent par une implication accrue des femmes dans les sphères décisionnelles.

« Nous avons besoin de plus de femmes. Je suis convaincu que si elles étaient davantage représentées, le Cameroun serait encore plus en paix. »

Au-delà de la formule, cette prise de position traduit un soutien institutionnel à une initiative qui se veut citoyenne, mais résolument politique.

« Une démocratie ne peut exister sans les femmes »
Pour Mme Danielle Nelly Heumou Angouand, présidente du Club des élues et aspirantes politiques, le constat est sans détour : la démocratie reste incomplète tant que les femmes demeurent sous-représentées.

Elle rappelle que les femmes ne peuvent être réduites à un simple réservoir électoral. Elles doivent être candidates, décideuses, stratèges. En somme, actrices à part entière du jeu politique.

Le message fait mouche dans l’assistance : il ne s’agit plus de quémander une place, mais de la conquérir.

Affronter un terrain exigeant

Même lucidité du côté de Martine Danielle Befolo Essono Présidente Nationale du Mouvement Populaire pour l’Emergence du Cameroun (MPEC) . La politique, dit-elle, est un espace rude, parfois hostile, qui exige courage et endurance. Ce constat explique en partie l’hésitation de certaines femmes à s’y engager pleinement.

Mais pour elle, le temps de la prudence excessive est révolu. Les obstacles doivent être brisés par la formation, la solidarité et la détermination.

*Une mobilisation au-delà des clivages

La rencontre a également rassemblé d’autres figures de différents horizons politiques, dont Me Djomgang Adeline du Social Democratic Front et Serge Espoir Matomba du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale Yebel Marcelle du PCRN.

Cette diversité témoigne d’un intérêt transversal : la question du leadership féminin dépasse les appartenances partisanes.

Les organisatrices ont aussi salué l’engagement du partenaire Dr Njime Akwa Honoré Élite politique, dont le soutien contribue à ancrer l’initiative dans une logique d’accompagnement concret.

2026 en ligne de mire

À quelques mois des élections locales, ce Café politique apparaît comme bien plus qu’un événement ponctuel. Il amorce une stratégie : former, connecter, mobiliser et positionner davantage de femmes sur les listes électorales et dans les exécutifs locaux.

Le message est désormais lancé : les femmes ne veulent plus être spectatrices du pouvoir local. Elles entendent en devenir des architectes. Pour elles, 2026 marquera un tournant décisif pour la représentation féminine au Cameroun.

Pélagie Mabamb

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