CABALE OU PANIQUE DES RÉSEAUX ?Chronique d’une offensive contre Cyrus Ngo’o

Depuis fin 2025, un ballet numérique bien réglé s’est mis en mouvement. Cible désignée : Cyrus Ngo’o, Directeur Général du Port Autonome de Douala.
À première vue, une succession de “révélations”. En réalité, une séquence méthodique où l’accusation précède la preuve et où le soupçon tient lieu de démonstration.
Une stratégie de saturation
Chaque jour ou presque, certains lanceurs d’alerte autoproclamés publient un nouveau dossier présenté comme explosif. Les montants avancés donnent le vertige : dizaines, parfois centaines de milliards de FCFA.
Mais derrière le choc des chiffres, le vide documentaire :
aucune pièce officielle produite,
aucun audit contradictoire cité,
aucune décision de justice évoquée.

Le mécanisme repose sur la répétition. À force d’énoncer l’accusation, on espère lui donner la consistance d’un fait établi. C’est la technique classique de l’érosion par le soupçon : transformer chaque acte de gestion en présomption de détournement.
Un calendrier qui ne doit rien au hasard
L’intensification de la campagne coïncide avec un moment institutionnel sensible : réélection présidentielle, recomposition gouvernementale, arbitrages stratégiques dans les grandes entreprises publiques.
Dans ces périodes, l’opinion devient un terrain d’influence. Fragiliser un dirigeant au moment des décisions clés, c’est peser indirectement sur les choix du sommet de l’État. Le message implicite est limpide : instiller le doute pour provoquer la rupture de confiance.
Le bilan que l’on préfère taire
Pourtant, un élément dérange le récit accusatoire : les performances du Port.

Sous la direction actuelle, l’institution portuaire a renforcé sa compétitivité, amélioré sa rentabilité et consolidé son positionnement régional. Modernisation des infrastructures, optimisation des procédures, montée en standards internationaux : ces avancées sont peu relayées dans les réseaux qui orchestrent les dénonciations.
Pourquoi ? Parce qu’un bilan solide complique la construction d’un récit de prédation systémique.
Les enjeux réels
Derrière l’apparente croisade morale, d’autres intérêts peuvent se profiler. Dans toute réforme structurelle, la rationalisation des procédures et la discipline financière bousculent des habitudes. Là où prospéraient rentes et arrangements informels, la rigueur devient un obstacle.
Affaiblir la direction en place, c’est rouvrir la porte à d’anciennes pratiques. Le combat dépasse donc une querelle d’individus : il concerne le contrôle d’un levier économique stratégique pour le pays.
Opinion, vigilance et responsabilité
Ce qui se joue n’est pas seulement la réputation d’un dirigeant, mais la crédibilité d’une institution et, au-delà, la solidité de la gouvernance publique.
À l’ère des réseaux, la manipulation ne crie pas toujours ; elle insinue, répète, amplifie. Face à cela, la vigilance citoyenne devient essentielle. L’exigence de transparence doit s’appliquer à tous, aux gestionnaires comme aux accusateurs.
Car dans le tumulte numérique, une question demeure : cherche-t-on la vérité… ou le contrôle ?
Pélagie Mabamb
