SACII 2026 : La diaspora veut passer des transferts d’argent à l’investissement productif

Le défi n’est plus seulement de faire rentrer des capitaux au Cameroun, mais de les transformer en entreprises, compétences, technologies et marchés. À travers le Salon Afrique-Canada Immigration et Investissement (SACII), la diaspora entend jouer un rôle plus direct dans la création de richesse, en connectant entrepreneurs locaux, investisseurs et savoir-faire internationaux.
L’exemple du cacao illustre cette ambition : produire au Cameroun, transformer sur place et accéder à de nouveaux marchés, notamment à l’international. L’objectif est de ne plus exporter uniquement la matière première, mais davantage de valeur ajoutée.
Trois piliers : immigration, investissement et diaspora
Le modèle présenté par le SACII repose sur trois piliers : l’immigration, l’investissement et la diaspora. Sur le volet économique, l’ambition est de mobiliser les Camerounais de l’extérieur non seulement comme apporteurs de capitaux, mais aussi comme détenteurs de compétences et de réseaux.

« Le pays a besoin de capacités », souligne le responsable du SACII, rappelant que l’investissement ne se limite pas aux ressources financières. Il inclut également ce que le SACIl présente comme des « investissements intellectuels », à travers le transfert de compétences et de savoir-faire.
Le « match-making » pour connecter les acteurs
Pour concrétiser cette vision, le SACII entend s’appuyer sur des partenaires camerounais et internationaux, parmi lesquels la Chambre de Commerce, l’APME, le GECAM et l’API, ainsi que des acteurs du monde des affaires canadien.

Le principe du « match-making » consiste à mettre en relation les entrepreneurs locaux avec les ressources dont ils ont besoin : financement, technologie, expertise ou débouchés commerciaux.
Du cacao au chocolat : créer davantage de valeur au Cameroun
Le cacao constitue un exemple concret de cette approche. Un jeune producteur peut disposer du potentiel agricole nécessaire, sans pour autant avoir accès aux technologies ou aux financements permettant de transformer sa production.
Le SACIl veut justement créer les connexions nécessaires entre ce producteur, les investisseurs et les partenaires technologiques. L’objectif est de favoriser la transformation locale du cacao, la création d’emplois et, à terme, l’accès à des marchés internationaux comme celui du Canada.

L’enjeu n’est donc plus seulement de produire davantage, mais de transformer davantage au Cameroun afin de retenir une plus grande part de la valeur créée.
La diaspora, une passerelle vers les marchés internationaux
Cette approche élargit le rôle traditionnel de la diaspora. Celle-ci peut devenir à la fois investisseur, apporteur de compétences, relais technologique et passerelle vers les marchés étrangers.
Le Canada, dans cette perspective, représente non seulement une source potentielle de capitaux, mais également un marché pour les produits issus de la transformation camerounaise.

À travers ce modèle, le SACIl entend ainsi rapprocher ressources camerounaises, capitaux de la diaspora, technologies et débouchés internationaux.
De la matière première à la valeur ajoutée, le pari est de faire de la diaspora un véritable levier d’investissement productif et d’industrialisation du Cameroun.
Pelagie Mabamb
